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Le sawhili chinois

4.1.13 La swahili chinoise et ses essors commerciaux


Les régions aurifères près du Zambèze et sur le territoire de la Zambie
furent sans doute les premières avec lesquelles furent établies des relations
commerciales, ce qui est attesté par la découverte de coquilles de cauris qui
étaient échangées contre l’or et l’ivoire à Gokomera et Kolomo.


Sur le territoire actuel du Kenya, dans la région d’Engaruka, les fouilles
d’un village commerçant ont permis de découvrir des coquilles de cauris et
des perles de verre (XVe-XVIe siècle) du même type que celles que l’on a
trouvées à Kilwa et dans d’autres villes du littoral.


On a enfin un témoignage direct de l’existence de caravanes commerçant
avec les zones de l’intérieur; il s’agit d’une indication d’Al-Idrīsī se
rapportant au XIIe siècle : « N’ayant pas de bêtes de somme, ils transportent
eux-mêmes leurs chargements. Ils portent leurs marchandises sur la tête ou
sur le dos jusqu’à deux villes: Mombasa et Malindi. Là, ils vendent et ils
achètent17. »


Dans ces relations commerciales, les coquilles de cauris ont joué, les premières,
le rôle de monnaie d’échange. On les retrouve dans toutes les fouilles
et, comme on l’a indiqué, non seulement sur le littoral, mais également à
l’intérieur du continent. Apparemment, ce rôle fut également joué par les
perles de verre et, plus tard, par la porcelaine de Chine. Dans les zones où le
commerce était plus intense apparaissait une nouvelle monnaie d’échange:
la pièce de métal. Les centres de fabrication de monnaie étaient, semble-t-il,
Kilwa et Mogadiscio.

D’après les recherches de G. N. Chittick, la monnaie fait
son apparition à Kilwa avec l’arrivée au pouvoir de la dynastie dite «Shīrazi»,
qu’il date de la fin du XIIe siècle18. Les pièces étaient en bronze et en argent.
Contrairement aux pièces de Kilwa, l’unique exemplaire de monnaie trouvé
à Mogadiscio, porte une date, celle de 132219. On ne trouve pas de pièces
de monnaie partout sur le littoral. G. S. P. Freeman-Grenville20 nota cette
absence sur la partie du littoral située entre Mnarani et Kilwa Masoko, tout
en l’attribuant à l’absence de fouilles archéologiques dans cette région. Que
ce soit pour cette raison ou parce qu’on n’y battait pas monnaie et qu’elles
n’avaient pas cours dans cette région, il n’en reste pas moins que l’on ne
trouvait des pièces de monnaie que dans des grands centres commerciaux,
à Kilwa Kisiwani et Kisiwani Mafia, à Kiwa sur l’île Djwani, sur les îles de
Zanzibar et de Pemba. On en a également mis au jour quelques exemplaires
au Kenya.


17. V. V. Matveiev et L. E. Kubbel, 1965, p. 305.
18. H. N. Chittick, JAH, vol. VI, nº 3, 1965, pp. 275-294.
19. H. N. Chittick, 1972, 131 p.
20. G. S. P. Freeman-Grenville, The numismatic chronicle, 1957, pp. 151-179; JAH, 1960,
pp.31-43.


La présence de pièces de monnaie permet de supposer que le
commerce local s’était sensiblement développé sur le littoral et les îles qui
s’y rattachaient, les besoins mêmes du commerce rendant nécessaire l’adoption de ce moyen de paiement. Il devait avoir une valeur d’échange plus
grande que les coquilles de cauris, ce qui semble démontrer l’importance de
chaque opération commerciale. Cette hypothèse est confirmée par le fait que
la marchandise principale de Kilwa était l’or, denrée dont la valeur intrinsèque
était très élevée.

 

D’un autre côté, l’abondance de l’or considéré comme
marchandise devait être un obstacle à sa transformation en moyen de paiement.
Les zones où ont été retrouvées les pièces de monnaie devaient plutôt
correspondre à celles du commerce local. Par ailleurs, l’absence sur les pièces
de Kilwa d’indications de lieu, de date et de valeur pourrait s’expliquer par
la tradition locale, qui, lors des paiements en coquilles de cauris, s’attachait
avant tout au nombre d’unités fournies.


Grande source de profits, le commerce a été à l’origine de la richesse des
villes du littoral, du développement social et culturel de la société swahili.
Par sa nature même, le commerce permettait des contacts avec des civilisations
différentes et des emprunts à celles-ci; comme on l’a déjà indiqué, il
s’agissait là des civilisations arabe, persane et indienne. En ce qui concerne
la Chine, malgré l’énorme quantité d’objets qui en provenaient, et que
l’on retrouve dans les fouilles, elle ne participait pas directement, avant le
XVe siècle, au commerce avec l’Afrique.

À la suite de recherches récentes, V. A. Velgus, l’un des spécialistes les plus compétents en matière de sources
écrites chinoises, affirme que, du Ve au XIe siècle, les navires marchands
chinois non seulement ne se rendaient pas dans le golfe Persique, mais ne
dépassaient pas au sud et à l’ouest les îles de Sumatra et de Java ; il ne pouvait
donc pas être question du littoral d’Afrique orientale21. Les premières
indications certaines sur l’arrivée d’une escadre chinoise sur la côte orientale
de l’Afrique ne datent que de 1417-1419 et de 1421-1422 ; cette escadre fut,
à chaque fois, commandée par Tchen-He.

 

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