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Préhistoire africaine-sahara

 

Préhistoire du sahara

1.21.6 Préhistoire du sahara

Le Sahara est un immense désert couvrant la majeure partie du nord de

l’Afrique. Il n’est facile ni à délimiter ni à définir. L’aridité est, cependant,

le dénominateur commun des diverses régions qui le forment. D’est

en ouest, sur 5700 km, entre la mer Rouge et l’Atlantique, et du nord

au sud, sur 1500 km, entre l’Atlas présaharien et le Sahel soudanien les

conditions désertiques se sont installées sur un territoire de près de 8,6

millions de km2. Pourtant ce Sahara, tel que nous le voyons aujourd’hui,

est très différent de l’aspect qu’il présenta au cours des diverses périodes

de la Préhistoire.

 

 

 

1.21.6.1 Historique, prehistoire du sahara

La disparition de toute publication bibliographique régulière concernant la

recherche préhistorique sur l’ensemble du Sahara ne rend pas commode la

mise à jour de la carte des travaux qui y sont réalisés. En ce qui concerne

la période coloniale nous possédons bien de telles bibliographies, mais

elles sont incomplètes et souvent dispersées. Le fait que des découvertes

importantes soient par exemple consignées dans des rapports militaires en

rend l’accès assez délicat. Bien entendu le découpage politique du Sahara

explique, d’autre part, la dispersion des travaux consacrés à ses richesses

préhistoriques. Anglais, Espagnols, Français et Italiens auxquels se sont

joints plus récemment Allemands, Japonais, Russes, etc. ont apporté une

large contribution scientifique à la découverte du passé du Sahara.

 

 

 

 

1.21.6.2 Recherche d’une chronologie, préhistoire du sahara

Dès ses débuts la préhistoire saharienne chercha ses séries de comparaison en

Europe et plus particulièrement en France. On parla de « Clacto-abbevillien »,

de « Chelléo-acheuléen », de « Moustérien » de « lames aurignaciennes », de

« pointes foliacées solutréennes », etc. Les erreurs engendrées par cette vue

simpliste font encore sentir leurs effets. D’autant que, comme pour toutes les

préhistoires du monde, celle du Sahara ne peut naître que de l’analyse des

monographies exhaustives consacrées à ses diverses industries ; or on en est

encore à les attendre. Une autre conséquence fâcheuse de l’indiscipline de la

recherche préhistorique au Sahara réside dans l’attribution, selon les besoins,

de statuts sociaux précis à des ethnies disparues alors même qu’on ne possède

aucune preuve sérieuse de la réalité des faits qui les fondent.

S’agissant de la chronologie19 deux remarques s’imposent.

La suite sur les sources dans les livres toute l'histoire de l'afrique, UNESCO, Joseph Ki zerbo et l'université de Ouagadougou...

 

 

1.21.6.3 Le paléolithique, préhistoire du sahara

L’apparition de l’Homme au Sahara et l’industrie des galets aménagés

Sur les rives des anciens fleuves morts on observe assez souvent des terrasses

constituées à l’époque où les eaux étaient vives. Ces terrasses sont formées

par trois niveaux très distincts que pour plus de commodité on nomme terrasse

ancienne, terrasse moyenne, terrasse récente. Au Djebel Idjerane30 à

120 km à l’est d’In Salah (Sahara algérien), la terrasse ancienne a livré des

« galets aménagés ». On sait que ces galets sont les premiers outils portant des

stigmates observables dus au travail de l’homme. Dans la majorité des cas ce

sont de simples galets de rivières sur une portion desquels on a enlevé quelques

éclats pour ménager un tranchant grossier et sinueux. On a émis l’idée

que ces objets seraient spécifiques de l’industrie de l’Homo habilis.

Au Sahara nigérien, sur les berges du Teffassasset31, ancien affluent du

lac Tchad, existent aussi d’importantes quantités de galets aménagés mais

dans une position moins significative qu’à Idjerane. D’autres ensembles,

comme celui d’Aoulef32, ont été bouleversés ou détruits.

 

 

 

1.21.6.4 L'altérien, préhistoire du sahara

L’Atérien

En l’état actuel de la recherche, l’Atérien 53 tient donc au Sahara la place

qui est ailleurs celle du Moustérien. Il en a possédé bien des traits par la

place qu’il offre à la technique levalloisienne, par la nature des retouches

autant que par la typologie des objets finis. Il s’en éloigne cependant par

deux caractères essentiels :

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1.21.6.5 Le hiatus, préhistoire du sahara

Le hiatus

Récemment, pour qualifier une industrie évoluée post-atérienne de l’Adrar

Bous (Niger), J.D. Clark a utilisé le mot « mésolithique ». Sur un plan

général, ce terme — qui tend heureusement à tomber en désuétude — n’a

pas de sens. Il ne correspond à rien de connu au Sahara et ne pourrait que

consacrer l’erreur d’Arkell68 fort explicable du temps où il travaillait sur le

Nil. Les préhistoriens français ne sont pas, dans l’état actuel de la recherche,

d’accord avec l’emploi de ce terme.

 

Cela ne veut pas dire que le problème de l’épipaléolithique ne se posera

pas : le Sébilien III d’Egypte, envahi par les microlithes géométriques69 précède

le Néolithique A sans se confondre avec lui, et quelques indices, très rares il est

vrai, permettent de supposer qu’il a pu déborder les zones où il a été reconnu.

 

 

1.21.6.6 Le néolithique, préhistoire du sahara

Le néolithique

Nous ignorons l’essentiel de la genèse des ethnies néolithiques70. Elles

semblent avoir progressé à travers le Sahara en prenant leur départ de bases

différentes. D’après M.-C. Chamla71 il y a une constante dans le peuplement

néolithique saharien : c’est le métissage avec, à ses deux pôles, des

Noirs, d’une part, et d’autre part des Blancs d’origine méso-orientale groupés

ordinairement sous le titre de « méditerranéens ».

 

 

1.21.6.6.1 Le Néolithique guinéen, prehistoire du sahara

Elle est suivie, plus au sud, par la progression d’une autre ethnie africaine,

qui va occuper la forêt, mais en dépit de son importance sera longtemps

masquée par le couvert forestier. Ce néolithique, bien identifié en Guinée,

sera appelé pour cette raison, bien que son origine soit probablement en

Afrique centrale, le Néolithique guinéen.

 

 

 

1.21.6.6.2 Le Néolithique de tradition capsienne, préhistoire du sahara

Un peu plus tard le Néolithique de tradition capsienne, qui résulte de la néolithisation

sur place du vieux capsien nord-africain, va commencer son mouvement

vers le Sud. II parviendra en Mauritanie du Nord-Est, atteindra le

Hoggar, puisqu’à Meniet il existait en voile à la surface des sites du Néolithique

de tradition soudanienne. Sa limite à l’est est plus imprécise faute

de monographies libyennes utilisables. Le Néolithique de tradition capsienne

est plus sévère que le Néolithique de tradition soudanienne.

 

 

 

1.21.6.6.3 Le « Ténéréen », préhistoire du sahara

Un cinquième courant a retenu, depuis, l’attention des spécialistes. C’est

celui qui fut identifié à l’Adrar Bous et baptisé de ce fait « Ténéréen ».

 

Récemment J.D. Clark qui l’a vu sur place suggère qu’il peut être représentatif

du « néolithique saharien ». C’est impensable, à moins de voir dans

l’adjectif « saharien » le qualificatif d’une région géographique étendue !

Par ses armatures en fleur de lotus, ses disques, ses grattoirs concaves

épais, ses éléments de scie, ses haches à gorge, comme par sa typologie et sa

composition statistique, le Ténéréen, découvert par Joubert en 194176 ne

peut être un Néolithique saharien classique, ce terme étant plus spécialement

réservé aux faciès soudaniens et capsiens qui couvrent l’essentiel du

Sahara. Vaufrey, souvent tenté par le désir de tout ramener au Néolithique

de tradition capsienne77 dit d’ailleurs : « Les influences égyptiennes reconnues

dans le Sahara algérien ont pénétré sous leur forme la plus parfaite

jusqu’au Hoggar », et plus loin : « Ces stations du Ténéré représentent un

apogée de l’industrie néolithique saharienne qui évoque irrésistiblement le

prédynastique égyptien.78 » Remarquons d’ailleurs qu’en dehors du Ténéré

l’influence égyptienne n’apparaît pas nettement en dépit de ce que Vaufrey

affirme.

 

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1.21.6.7 Faune et flore, préhistoire du sahara

La Faune et la Flore

La faune, elle, est héritée de l’Atérien, qui s’achève au moment où les

lacs atteignent leur dernier haut niveau ; on identifie alors sur leurs bords

ou dans leurs eaux la faune dite éthiopienne avec rhinocéros, crocodile

(Crocodilus niloticus), hippopotame, éléphant, zèbre, girafe, buffle et

phacochère.

 

Un grand silure (Clarias) et une perche du Nil (lates niloticus)

pullulent dans les eaux ainsi qu’une tortue d’eau douce (trionyx). Les

pâturages sont parcourus par des caprins, des antilopes, etc. Cette

énumération ne surprend que par le lieu auquel elle s’applique : le Sahara.

En revanche la flore déroute complètement. Au début du Néolithique

on trouve encore le noyer, le tilleul, le saule, le frêne ! Une coquille de

limicolaire trouvée à Méniet (Mouy’ir, Sahara algérien) indique qu’il

y tombait au moins 500 mm d’eau ; la bruyère couvre certains étages

montagnards.

 

 

1.21.6.8 Le sahara la préhistoire du berceau agricole

Le Sahara, berceau agricole

L’idée a été lancée à différentes reprises et pour beaucoup sans vérification,

des possibilités de l’emploi d’un terme à implications si graves.

Il n’y a pas preuve de l’agriculture quand celle-ci est fondée sur la

présence d’objets ou d’outils réputés agricoles. L’agriculture est en revanche

 

MÉTHODOLOGIE ET PRÉHISTOIRE AFRICAINE pages638

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1.21.6.9 Domestication du sahara, préhistoire du Sahara

L’origine de la domestication et le Sahara

Le Sahara néolithique a eu sa vie propre. Bien que les pasteurs bovidiens

du Tassili N’Ajjer soient contemporains des chars « au galop volant » dont

l’âge est imprécis mais qui peuvent être contemporains des invasions des

« peuples de la mer » qui furent dispersés après s’être proposé la conquête

de l’Egypte, ils n’en ont pas moins développé sur place un art de l’élevage

qui surprend toujours le non-initié. Il semble bien qu’à l’époque

de son apogée la civilisation bovidienne ait acquis un art si consommé

des méthodes d’élevage qu’elles présupposent un long apprentissage.

 

Les Egyptiens se sont livrés à de multiples expériences de dressage, mais

nous le savons par les bas-reliefs qui nous apprennent qu’ils tentèrent

d’apprivoiser félins et gazelles, canidés et même hyènes ! Qu’en fut-il au

Sahara ? Le sloughi soudanais, précieux auxiliaire des chasseurs némadi,

semble être de souche très ancienne. C’est lui probablement qui est

représenté par les peintures bovidiennes. Il y a aussi d’autres indices,

mais finalement aucune preuve absolue. l’on sait qu’en – 2000 le boeuf et

le chien sont présents dans l’Aouker, mais les rupestres ne nous montrent

pas, pour les périodes antérieures, quels animaux l’homme aurait pu s’efforcer

de domestiquer.

 

 

 

1.21.6.10 La vie néolithique, préhistoire du sahara

Nous savons que les hommes du néolithique de tradition soudanienne

eurent une curiosité sans borne vis-à-vis des nouvelles techniques. Ils

continuèrent à tailler la pierre pour en tirer une merveilleuse panoplie

d’armatures de pointes de flèches et un outillage, généralement très léger,

fait de lamelles diversement retouchées, de perçoirs, de grattoirs de formes

multiples, de microlithes géométriques, de scies, etc. Ce qui est nouveau

c’est la technique subtile du polissage de la pierre. Elle est appliquée à

des haches, des houes, des gouges, des ciseaux. Parfois des récipients en

pierre dure, des labrets, des perles d’amazonite, de cornaline, de quartz ;

des billes (peut-être projectiles de fronde) viennent compléter cette panoplie.

Il s’y ajoute une profusion de meules dormantes et de broyeurs qui

ne sont pas forcément une preuve de la connaissance de l’agriculture, des

« kwés », ces pierres à lester les bâtons à fouir naguère encore employés en

Afrique du Sud ou chez les Pygmées.

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