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Le Mali du Songhay, les explorateurs chinois

4.1.4 Le Songhay
Le Ghana n’a pas étendu sa domination au Songhay ; ce royaume très
ancien a entretenu très tôt des relations avec le Maghreb ; ses rois, convertis
à l’islam vers 1010, avaient attiré à Kukia et à Gao des lettrés et des
marchands arabo-berbères12. C’est vers la fin du XIe siècle que les Songhay
remontèrent le Niger depuis Kukia, dans le Dendi, pour occuper la boucle
du Niger. Ils transférèrent leur capitale de Kukia à Gao. Vers 1100,
Tombouctou fut fondée par les Touareg magcharen (à la fin du Ve siècle
de l’hégire).

« Ils venaient dans ces contrées pour faire paître leurs troupeaux…
Au début, c’était là que se rencontraient les voyageurs venus par
terre et par eau13. »

Les Songhay ne tardèrent pas à s’installer dans toute la boucle ; leur
présence à Tombouctou fit de cette nouvelle fondation un important carrefour
commercial. Les rois de Gao entendaient aussi jouer un rôle politique
dans la région : leur progression vers le delta intérieur du Niger est
significative de cette politique ; mais l’heure des rois de Gao n’avait pas
encore sonné.

Les provinces soninke
La prise de Kumbi provoqua une série de guerres et mouvements de populations
soninke. Avant même de tomber aux mains des Almoravides, Kumbi
abritait de nombreux adeptes de l’islam parmi les marchands; Al-Bakrī
nous dit qu’un proche du roi s’était converti à la nouvelle religion: «La
ville d’Alouken… obéit à un roi nommé Canmer, fils de Beci [le roi]. On
dit qu’il est musulman et qu’il cache sa religion14 .» N’oublions pas que,
depuis le VIIIe siècle, le Ghana entretenait des relations commerciales avec
le Maghreb. À la cour, des musulmans arabo-berbères occupaient de hautes
fonctions15 ; mais, pour l’essentiel, la masse de la population resta fidèle à la
religion ancestrale. Des luttes confuses opposèrent les provinces et, à l’intérieur
de celles-ci, les clans les uns aux autres.


Le Wagadu, province centrale, fut déchiré par les guerres civiles; certains
groupes de Soninke, demeurés fidèles aux rites anciens, s’enfuirent et s’établirent
dans la province du Nema16 ; des luttes de même nature opposèrent
les habitants du Kaniaga les uns aux autres.

À propos du Kaniaga, Maḥmud Katī écrit: « Il y avait au pays de Kaniaga une ville importante et ancienne
qui avait été bâtie antérieurement à Diara et qui servait de capitale ; on la
nommait Sain Demba ; c’ était la ville principale de gens du Diafounou qu’on
appelle Diafounounké. Elle existait depuis le temps des Kayamaga et fut
12. Voir vol. III, chap.3 (à paraître); le roi Za-Kosoi se convertit à l’islam en 1010; Es-Sa˓dī, p. 5.
Al-Bakrī cite Kugha ou Gao, «dont les habitants sont musulmans… La plupart des marchandises
que l’on y apporte consistent en sel, en cauris, en cuivre et en euphorbe » (1975, p. 365).
13. Es-Sac
dī, 1964, p. 36-37.
14. Al-Bakrī, 1965, p. 335.
15. Voir vol. III, chap. 3 (à paraître).
16. N. Levtzion, 1973, p. 46-49 ; C. Monteil, 1929, p. 853.

 Histoire de toute l'afrique, joseph ki zerbo UNESCO...

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