GTranslate

Français العربية 简体中文 繁體中文 English Deutsch עִבְרִית हिन्दी Magyar Italiano 日本語 한국어 Polski Русский Afsoomaali Español ไทย Türkçe Cymraeg Yorùbá Zulu

La boucle du Mossi au Niger

4.1.7 Les Mosi* de la boucle du Niger
En l’état actuel de nos connaissances, l’histoire de la boucle du Niger à la
haute époque considérée ici est nécessairement centrée sur la naissance
et l’expansion territoriale des royaumes mamprusi, dagomba et mosi,
cela pour deux raisons qui sont d’ailleurs connexes. La première est que
les informations dont nous disposons sur cet ensemble de royaumes sont
incomparablement plus riches que celles que nous pouvons utiliser pour
dautres formations historiques de la même région, par exemple le Gurma
et, a fortiori, les sociétés à pouvoir politique non centralisé. La seconde est
qu’à propos de la mise en forme de l’histoire des Mosi se pose un problème
capital, celui de l’identification des «Mosi» dont il est question dans ces
chroniques classiques que sont le Ta’rīkh al-Sūdān et le Ta’rīkh al-Fattāsh :
nous verrons que de la solution apportée à ce problème dépend la définition
d’un cadre chronologique satisfaisant pour l’ensemble de la zone dont il sera
question dans ce chapitre.


C’est de l’analyse des références à des Mosi, contenues dans les chroniques
soudanaises qu’il nous faut partir. Le Ta’rīkh al-Fattāsh fait état
d’incursions de Mosi sur le territoire du royaume songhay de Gao autour
du milieu du XIIIe siècle, c’est-à-dire dans le premier quart de la période
qu’entend couvrir le présent volume. Le za Baray, contre lequel auraient
guerroyé les Mosi est, semble-t-il, le za Beirafoloko de la liste dynastique

— son autorité s’étendait, dans la vallée du Niger,
de Gao à Tillabéri. C’est sous le règne de son successeur, le za Asibay, que
le royaume de Gao passa sous la suzeraineté du mansa malien Wali, qui,
selon Nehemia Levtzion, régna de 1260 à 1277. Le Ta’rīkh al-Fattāsh, qui
ne localise pas le territoire des Mosi, nous dit que ceux-ci envahissaient
parfois la partie occidentale de la boucle du Niger, où l’influence du Mali
se heurtait à celle, septentrionale, des Touareg. Les deux brefs fragments
du Ta’rīkh al-Fattāsh auxquels nous nous référons2
livrent une indication importante en nous parlant d’un Mosi koy, c’est-à-dire d’un « chef » ou d’un
« roi » des Mosi. Rien de ce qui nous a été transmis ne semble faire allusion
à des bandes de pillards plus ou moins incontrôlées; tout indique, au
contraire, que nous avons affaire à une population ou à un groupe dirigeant
ayant une forte organisation politique et militaire, peut-être de type étatique,
et une base territoriale solide, qu’on ne peut que situer à l’intérieur de
la boucle du Niger, sans autre précision.

 

En tout cas, cette société militaire est, dès le milieu du XIIIe siècle, en mesure d’affronter les principales hégémonies
qui se partagent la boucle du Niger. Il est enfin question, dans ces fragments, d’incursions mosi en direction de Tombouctou ; or nous allons
voir que les Mosi des Ta’rīkh auront pour objectif permanent, au long de la succession de leurs entreprises de grande envergure, le contrôle direct des
places commerciales du nord-ouest de la boucle.

 

 

Free Joomla! template by L.THEME