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La parente à plaisanterie, concepts Burkina Faso

Article 5.7.26 La parenté à plaisanterie.

Il s’agit d’une pratique sociale spécifique à certains groupes, les autorisant, et parfois même les obligeant, à des échanges de paroles ou de comportements entre eux qu’ils ne pourraient se permettre envers d’autres personnes avec qui ce lien, dit « parenté à plaisanterie » (rakiré en mooré), n’existe pas.

Les origines de la parenté à plaisanterie sont liées à des évènements historiques ou sont les suites de faits divers souvent extraordinaires, pour la plupart oubliés. Dans le rakiré, même les critiques les plus acerbes se font en face de la personne visée. Tout l’intérêt de cette relation réside dans l’interaction des deux personnes ou groupes concernés. Une des fonctions de ce jeu relationnel est d’affirmer, pour chacun, son identité et son appartenance à un groupe, tout en dénigrant l’autre. Pour un non-initié, assister à une telle scène peut s’avérer inquiétant : les deux parties s’invectivent, parfois avec violence, laissant croire que l’altercation va dégénérer en bagarre. En fait c’est tout le contraire qui se produit : grâce à ce jeu de rôle, chacun évacue sa colère, tout en amusant le public qui sait à quoi s’en tenir. Ce mode de relation permet de désamorcer les tensions entre les ethnies ou entre clans familiaux. Il existe plusieurs types de partenaires ayant entre eux un lien de parenté à plaisanterie :

-Entre deux groupes ethniques, on des liens de ce type entre Mossi et Samo, Gourounsi et Bissa, Peul et Bobo etc. Les peuls représentent le groupe le plus sujet à plaisanterie aux yeux des autres ethnies qui les traitent de voleurs de bétails. Les Bissa sont considérés par leurs parents à plaisanterie comme des mangeurs d’arachides ;les Gourounsi des voleurs ;les Samo des mangeurs de chiens, etc.

-Entre deux villages ou villes (par exemple Koupéla et Zorgho).Pour des raisons historiques, les communautés entretiennent une relation affective ou de subordination.

-Entre deux membres de la même famille. Entre petits frères et belles-sœurs, ou encore entre cousins.

La parenté à plaisanterie joue plusieurs rôles fondamentaux dans la société burkinabè. D’une part, elle distrait, elle est source de créativité, car chacun fait un effort d’imagination pour inventer de nouvelles railleries visant à mettre son interlocuteur dans la gêne, tout en amusant le public. D’autre part grâce à elle, on accepte des incartades et même des erreurs graves lorsqu’elles sont involontaires.

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