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Les premiers phéniciens, afrique du nord

 

2.1.42 Les protoberbères, Afrique du Nord

Avant l’arrivée des Phéniciens sur les côtes d’Afrique au début du premier

millénaire avant notre ère, les composantes ethniques des populations

libyennes étaient à peu près fixées. Elles ne devaient pas varier sensiblement

pendant toute la période antique, car du point de vue quantitatif, il

ne semble pas que les apports démographiques phénicien et romain aient

été importants. En effet, l’apport démographique phénicien en Afrique

mineure ne peut être évalué avec précision. Toutefois, il est probable que

Carthage n’aurait pas eu recours de façon si constante à des mercenaires sur

les champs de bataille, si les Carthaginois de souche phénicienne avaient

été nombreux. L’apport démographique romain est également difficile à

apprécier. On a évalué à 15 000 le nombre des Italiens qui furent installés

en Afrique à l’époque d’Auguste qui fut celle de la colonisation la plus

intense1. Il faut ajouter à ce chiffre quelques milliers d’Italiens qui se fixèrent

en Afrique de leur propre initiative. A notre avis, on ne dépasse guère

20 000 personnes pour l’époque d’Auguste. L’Afrique romaine ne fut en

aucune manière une colonie de peuplement. Quant aux apports démographiques

vandale et byzantin, ils furent assurément encore beaucoup plus

modestes.

 

 

2.1.43 La vie des Berbères, avant Carthage, afrique du nord

La vie des Berbères avant la fondation de Carthage

Ce ne sont pas les Phéniciens qui ont révélé aux Libyco-Berbères l’agriculture,

comme l’ont souligné à juste titre H. Basset58 et G. Camps59. Ceux-ci

la pratiquaient en effet depuis la fin du Néolithique. Supposer que les

Cananéens importèrent l’agriculture en Afrique mineure au cours du second

millénaire avant notre ère est une hypothèse très aventurée. Des gravures

et peintures de l’âge des métaux représentent plus ou moins schématiquement

un araire à la Cheffia (Est constantinois) et dans le Haut-Atlas60.

A l’ouest de Tebessa, dans la région du douar Tazbent, des quadrillages

constituent de nos jours les vestiges d’installations hydrauliques primitives

très antérieures à l’époque des royaumes indigènes. Les utilisateurs de ces

installations avaient un outillage encore partiellement lithique.

Alors que les Phéniciens allaient introduire en Afrique mineure une

charrue à soc de fer triangulaire, les Berbères usaient déjà d’un type original

de charrue, d’ailleurs moins efficace, consistant en une simple pioche en

bois traînée et maintenue dans le sol61. Cette charrue avait dû mettre fin à

l’usage exclusif de la houe, puisque les Guanches, utilisateurs de la houe, ne

connurent pas la charrue, Il semble qu’à l’origine les Libyens tiraient souvent

eux-mêmes leur charrue au moyen de cordes passées autour de leur épaules.

Mais ils connaissaient aussi depuis fort longtemps l’attelage des boeufs, qui

est représenté sur les fresques égyptiennes comme sur les gravures du Haut-

Atlas. En revanche, ils ne paraissent pas avoir usé avant l’époque punique

de machine à dépiquer62 : ils se contentaient de faire piétiner l’aire par le gros

bétail.

Les botanistes ont établi que le blé dur (venu peut-être d’Abyssinie) et

l’orge63 existaient en Afrique du Nord bien avant l’arrivée des Phéniciens,

ainsi que la fève et le pois-chiche64, bien que ce dernier tire son nom berbère

ikiker du latin cicer.

 

 

 

 

2.1.44 Periode de Carthage, afrique du nord

L’entrée du Maghreb dans l’histoire écrite débute avec le débarquement sur

ses côtes de marins et de colons venus de Phénicie. Il est d’autant plus difficile

de reconstituer l’histoire de cette époque que presque toutes les sources

d’information sont grecques ou romaines et que, pendant la plus grande partie

de cette période, les Grecs et les Romains n’ont eu de pires ennemis que

les Phéniciens de l’Ouest, notamment ceux qui étaient placés sous l’autorité

de Carthage. C’est ce qui explique pourquoi l’image que nous en donnent

Athènes et Rome est si négative. Rien ne subsiste d’une littérature carthaginoise

malgré les progrès enregistrés au cours des deux dernières décennies ; la

contribution archéologique est également limitée, car, dans la plupart des cas,

les établissements phéniciens sont ensevelis sous des villes romaines beaucoup

plus imposantes. Nous disposons d’un nombre important d’inscriptions sous

diverses versions de la langue phénicienne, mais il s’agit surtout d’inscriptions

votives ou d’épitaphes tombales qui nous livrent peu d’informations.

Le développement des civilisations libyennes autochtones antérieurement

au IIIe siècle avant notre ère1 reste, à un certain degré, obscur lui aussi.

Le Néolithique de tradition capsienne se prolonge très avant dans le premier

millénaire avant notre ère et peu de vestiges peuvent être attribués à un

Age du bronze distinct. Aussi, l’histoire archéologique du premier millénaire

se caractérise-t-elle par une évolution lente et continue, où les influences

phéniciennes deviennent de plus en plus marquées, à peu près à partir du IVe siècle.

 

 

 

 

 

2.1.45 Les premiers phéniciens, afrique du nord

Les premiers établissements phéniciens

Selon la tradition antique, Tyr fut le point de départ des expéditions

vers l’ouest lancées par les Phéniciens, qui conduisirent à la fondation de

nombreux établissements. La Bible, entre autres sources, confirme la prééminence

de Tyr sur les autres villes phéniciennes durant la période qui

suivit, au Proche-Orient, l’écroulement des civilisations de l’Age du bronze

(XIIIe siècle). A partir de l’an 1000 environ, Tyr et les autres cités (Sidon et

Byblos, par exemple) devinrent les centres commerciaux les plus actifs de

la zone orientale de la mer Egée et du Proche-Orient et elles ne souffrirent

guère de la croissance de l’Empire assyrien. C’est la recherche de minerais,

particulièrement d’or, d’argent, de cuivre et d’étain, qui attira les marchands

phéniciens en Méditerranée occidentale. Cette recherche ne tarda pas à

les conduire en Espagne, qui devait demeurer l’une des grandes sources

de production d’argent en Méditerranée, même à l’époque romaine. Nous

devons à l’historien Diodore de Sicile (Ier siècle avant notre ère) une analyse

sans doute véridique de la situation générale qui régnait à l’époque.

 

 

 

2.1.46 Fondation de Carthage, afrique du nord

Fondation de Carthage

Le nom de Carthage (en latin, Carthago) est la traduction de « Kart

Hadasht » qui signifie en phénicien « ville nouvelle ». Cela peut laisser

supposer que, dès le départ, ce site fut destiné à devenir le principal établissement

phénicien de l’Occident mais les données archéologiques se

rapportant à ses origines sont trop incomplètes pour que nous puissions en

être certains. Selon la tradition, la ville fut fondée en 814, bien après Cadix

(1110) et Utique (1101). Ces deux dernières dates semblent légendaires.

Quant à la naissance de Carthage, les premières données archéologiques

incontestables datent du milieu du VIIIe siècle avant notre ère, soit deux

générations d’écart par rapport à la tradition. Aucun élément historique valable

ne peut être tiré des diverses légendes que les auteurs grecs et romains nous ont transmises sur la fondation de la cité.

 

 

 

2.1.47 l'hégémonie de Carthage, afrique du nord

L’hégémonie de Carthage

sur les Phéniciens de l’Ouest

C’est au VIe siècle avant notre ère que Carthage devint autonome et établit

sa suprématie sur les autres établissements phéniciens d’Occident, prenant

la tête d’un empire en Afrique du Nord dont la création devait avoir de profondes

répercussions sur l’histoire de tous les peuples de la Méditerranée

occidentale. Cette évolution avait été favorisée notamment par l’affaiblissement

de la puissance de Tyr et de la Phénicie, la métropole, qui tombèrent

sous le joug de l’empire babylonien. Mais un facteur plus déterminant

encore avait été, semble-t-il, la pression croissante exercée par les colonies

grecques de Sicile. Les plus importantes, comme Syracuse, avaient connu un

essor démographique et économique très rapide ; elles avaient été fondées

surtout pour absorber l’excédent de population dont souffrait la Grèce continentale.

Au VIIe siècle, il semble qu’aucun conflit important n’ait opposé les

Grecs aux Phéniciens, et l’on a retrouvé trace d’importations grecques dans

de nombreuses colonies phéniciennes du Maghreb. Mais en 580, la ville de

Selinus (Sélinonte) et d’autres populations grecques de Sicile tentèrent de

chasser les Phéniciens des établissements qu’ils possédaient à Motyé et à

Palerme. Carthage paraît avoir dirigé les opérations défensives contre cette

agression qui, en cas de succès, eût permis aux Grecs de menacer les villes

phéniciennes de Sardaigne et leur eût ouvert la route du commerce vers

l’Espagne, qui jusqu’alors leur avait été fermée. Ce succès consolida les

colonies phéniciennes de Sardaigne. C’est également au cours de ce siècle

que Carthage conclut une alliance avec les villes étrusques de la côte occidentale de l'Italie...

 

 

2.1.48 Expansion carthage en afrique du nord

A cette défaite succédèrent soixante-dix années de paix, durant lesquelles

Carthage évita d’entrer en conflit avec les Grecs, tout en parvenant cependant

à maintenir son monopole commercial. Fait plus important encore, elle

se préoccupa d’étendre ses territoires sur le sol africain. Cette politique fut

adoptée alors que les Carthaginois se voyaient de plus en plus isolés par

les succès des Grecs en Méditerranée, d’abord durant les guerres mediques

contre les Perses où les Phéniciens subirent de lourdes pertes, puis contre

les Etrusques en Italie. Il est possible que les Carthaginois aient cherché

à réduire leurs propres échanges commerciaux avec le monde grec : le

contenu des tombes datant du Ve siècle paraît assurément pauvre et austère

et l’on y a trouvé peu d’articles importés. Cela ne veut pas dire, cependant,

que toute la communauté carthaginoise s’était appauvrie, le contenu des

sépultures n’étant pas, en soi, un indice absolu du degré de richesse ou de

pauvreté. Cette nouvelle politique territoriale est associée à la dynastie des

Magonides, dirigée à cette époque par Hannon, fils d’Hamilcar, le vaincu

d’Himère dont, plus tard, l’historien grec, Dion Chrysostome, rapporte sommairement

que « de Tyriens, il transforma les Carthaginois en Africains ».

 

 

Bien que la superficie des territoires conquis au Ve siècle et le nombre

des colonies ayant atteint la dimension de villes même modestes restent mal

connus, le maximum de ce que Carthage a jamais contrôlé n’est pas loin d’être

atteint. Signalons la grande importance qu’eut la conquête de la péninsule

du cap Bon et d’un vaste territoire situé au sud de la ville, s’étendant au

moins jusqu’à Dougga, et englobant certaines des terres les plus fertiles de

Tunisie. C’est dans cette région que la colonisation romaine atteindra, plus

tard...

 

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