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Les dynasties et empires egyptiens

2.1.7 La dynastie 2900- 2280 avant notre ère, Egypte

 

(2900 -2280 avant notre ère)

IIIe dynastie

On a déjà noté que les rois des deux premières dynasties (période archaïque)

semblent s’être avant tout préoccupés de conquêtes et de la consolidation

de celles-ci. Nous croyons que le nouveau dogme de la royauté divine

apparut en fait avec la IIIe dynastie et que c’est à ce moment-là seulement que l’Egypte devint une nation unifiée.

 

 

9. Pour les « Textes des Sarcophages », l’édition de base du texte seul est de A. de BUCK,

Chicago, 1935 -1961. Traduction anglaise des textes dans R.O. FAULKNER, Oxford, 1973 -1976

10. En français, traduction dans P. BARGUET, Paris, 1967. L’Oriental Institute of Chicago a

publié de son côté, en traduction anglaise annotée, un « Livre des Morts » complet ; cf. Th. G.

ALLEN, Chicago, 1960.

11. En anglais, cf. W.S. SMITH, Cambridge, 1971 (3e éd.) ; en français, J. VANDIER, « L’Ancien

Empire » et « La fin de l’Ancien Empire et la Première Période Intermédiaire », dans E.

DRIOTON et J. VANDIER, Paris, 1962, pp. 205, 238, 239 -242.

 

 

La dynastie fut fondée par le roi Djeser

qui, de toute évidence, fut un souverain vigoureux et capable. Cependant sa

renommée a été considérablement surpassée par celle d’Imhotep, architecte,

médecin, prêtre, magicien, écrivain et compositeur de proverbes, célèbre déjà

de son temps, et dont la renommée est parvenue jusqu’à nous. Vingt-trois siècles

après, il devint le dieu de la Médecine, dans lequel les Grecs (qui l’appelaient

Imouthès) reconnaissaient leur propre « Asclépios ». Sa réalisation la plus

remarquable comme architecte fut la « pyramide à degrés » et le vaste complexe

funéraire qu’il construisit pour son pharaon à Saqqarah sur une superficie de

quinze hectares dans un rectangle de 544 mètres sur 277. Il en commença la

construction par un mur de clôture semblable à celui d’une forteresse ; il introduisit

une innovation remarquable en substituant la pierre à la brique.

 

 

Les autres rois de la IIIe dynastie furent aussi peu marquants que ceux

des deux premières, bien que l’immense pyramide à degrés, restée inachevée,

du roi Sekhemkhet (qui fut peut-être le fils et le successeur de Djeser)

à Saqqarah, ainsi que l’énorme excavation d’un tombeau non achevé à Zawijet-

el-Aryan, dans le désert au sud de Gizeh, indiquent suffisamment que

le complexe pyramidal de Djeser ne fut pas unique. Le roi Houni, dernier

de la IIIe dynastie, est le prédécesseur immédiat de Snéfrou, fondateur de

la IVe dynastie. C’est le propriétaire d’une pyramide à Meidoum, à environ

soixante-dix kilomètres au sud du Caire. Ce monument, qui à l’origine se

présentait sous la forme d’une série de marches, subit plusieurs agrandissements

et transformations avant de devenir une véritable pyramide lorsqu’il

fut achevé (peut-être par Snéfrou).

 

 

IVe dynastie

La IVe dynastie, l’un des sommets de l’histoire de l’Egypte, commence avec

le long règne de Snéfrou dont les annales, telles qu’elles sont conservées en

partie sur la Pierre de Palerme12, nous content les campagnes militaires victorieuses

contre les Nubiens du sud et les tribus libyennes à l’ouest, le maintien

du commerce (en particulier celui du bois) avec la côte syrienne, et les

vastes entreprises de construction menées année après année et comprenant

l’édification de temples, de forteresses et de palais dans toute l’Egypte. Snéfrou

régna vingt-quatre ans ; il appartenait probablement à l’une des branches

mineures de la famille royale. Pour légitimer sa situation, il épousa Hétep-

Hérès13, la fille aînée d’Houni, infusant ainsi du sang royal à la nouvelle

dynastie. Il fit construire deux pyramides à Dashour, celle du sud de forme

rhomboïdale, celle du nord véritablement pyramidale et d’une forme qui se

rapproche quelque peu de celle de la grande pyramide de Khoufou à Gizeh.

 

 

Les successeurs de Snéfrou, Khoufou (Chéops), Kafrê (Chéphren) et

Menkaouré (Mykérinos), sont surtout connus grâce aux trois grandes pyramides qu’ils firent élever sur le haut promontoire de Giseh, à dix kilomètres du

Caire d’aujourd’hui La pyramide de Khoufou possède la particularité d’être la

plus grande construction d’une seule pièce jamais élevée par l’homme14 et, par

la perfection du travail, la précision du plan et la beauté des proportions, elle

demeure la première des Sept Merveilles du monde.

 

 

12. Cf. ci-dessus. Introduction.

13. La tombe de la reine Hétep-Hérès a été découverte à Gizeh. Elle a fourni un mobilier

d’excellente qualité qui montre l’habileté des artisans égyptiens à l’Ancien Empire. Cf. G.A.

REISNER, Cambridge, Mass., 1955.

Chéphren.

(Source : J. Pirenne 1961, vol. I

fig. 33, p. 116.)

 

 

Les pyramides du fils et du petit-fils de Khoufou, bien que plus petites, sont semblables à la fois par la

construction et par la disposition de leurs bâtiments secondaires.

Il y eut plusieurs interruptions dans la succession royale de la IVe dynastie,

dues aux luttes de succession entre les enfants des différentes épouses

de Khoufou. Son fils Didoufri gouverna l’Egypte pendant huit ans avant

Chéphren, et un autre fils s’empara du trône pour une courte période avant la

fin du règne de Chéphren. Il se peut qu’un troisième ait succédé au dernier

vrai roi de la dynastie, Shepseskaf.

 

 

2.1.8 Veme dynastie, Egypte

 

Ve dynastie

Cette dynastie montre bien la puissance grandissante du clergé d’Héliopolis.

Une légende du Papyrus Westcar15 rappote que les trois premiers rois de la Ve

dynastie furent les descendants du dieu Rê et d’une femme Radjedet, épouse

d’un prêtre d’Héliopolis. Ces trois frères étaient Ouserkaf, Sahourê et Neferirkarê.

C’est surtout par les magnifiques bas-reliefs qui décoraient son temple

funéraire à Abousir, au nord de Saqqarah, que l’on connaît Sahourê. C’est un

fait bien connu que, quoique les pyramides royales de la Ve dynastie fussent

bien plus petites que les grandioses tombeaux de la IVe dynastie et de moins

bonne construction, les temples funéraires voisins des pyramides étaient des

ouvrages raffinés, abondamment décorés de bas-reliefs peints dont certains

avaient un caractère semi-historique. Près des pyramides, la plupart des rois

de cette dynastie firent construire de grands temples dédiés au dieu Soleil ;

chacun était dominé par un gigantesque obélisque solaire.

Outre la fréquente construction de temples et leur dotation, comme

la Pierre dite de Palerme (cf. Introduction) en donne la liste, les pharaons

de la Ve dynastie consacrèrent leur activité à préserver les frontières de

l’Egypte et à développer les relations commerciales qui existaient déjà

avec les pays voisins. Des expéditions punitives menées contre les Libyens

du désert occidental, les Bédouins du Sinaï et les populations sémitiques

du sud de la Palestine furent relatées sur les murs de leurs temples funéraires.

De grands navires capables d’affronter la mer explorèrent les côtes

de Palestine durant les règnes de Sahourê et d’Isési.

 

 

14. On sait que la pyramide proprement dite, symbole solaire, contient ou surmonte le caveau

funéraire où reposait la momie royale ; cette pyramide n’est qu’un élément du complexe que

constitue la sépulture royale complète. Celle-ci comporte, outre la pyramide, un temple bas, dans

la plaine, dit souvent « temple de la Vallée » et une allée ouverte, ou « chaussée », montant de

ce temple à l’ensemble « haut du complexe », sur le plateau désertique, composé de la pyramide

proprement dite et du temple funéraire, accolé à la face est, le tout entouré d’une enceinte. Cf.

I.E.S. EDWARDS, London, 1947, revised edition, 1961.

15. Texte rédigé pendant le Moyen Empire, cf. G. LEFEBVRE, Paris, 1949, p. 79. Le récit du

Papyrus Westcar est romancé. Les premiers rois de la Ve dynastie descendent des rois de la

IVe dynastie. Cf. L. BORCHARDT, 1938, pp. 209 -215. Toutefois, il paraît certain que le clergé

d’Héliopolis joue un rôle important lors du passage de la IVe à la Ve dynastie.

légypte pharaonique

 

Des navires égyptiens

atteignirent les rivages du pays de Pount sur la côte des Somalis pour se

procurer des produits de grande valeur (myrrhe, ébène), des animaux, etc.

Le commerce du bois de cèdre avec la Syrie continua d’être prospère et le

port très ancien de Byblos, sur la côte, au pied des pentes boisées du Liban,

vit de plus en plus souvent la flotte égyptienne chargée du commerce de

bois de construction. On sait que les relations commerciales avec Byblos

existèrent dès les toutes premières dynasties (cf. chap. 8). Un temple égyptien

y fut élevé pendant la IVe dynastie et des objets portant le nom de

plusieurs pharaons de l’Ancien Empire ont été découverts dans la ville et

dans les environs du vieux port.

 

 

 

 

2.1.9 VIe dynastie, Egypte

Rien ne prouve que des troubles politiques dans le pays aient accompagné

le passage de la Ve dynastie à la VIe. Avec le long règne dynamique

de Pépi I (le troisième roi), la dynastie révéla ses mérites. Pour la première

fois un roi égyptien renonça à la tactique militaire purement défensive

pour pénétrer avec le gros de ses armées au coeur du pays ennemi.

 

Sous la poussée de la grande armée conduite par Ouni, le général égyptien, les

ennemis furent refoulés chez eux jusqu’au mont Carmel au nord et pris au

piège, pendant la dernière de cinq campagnes, par des troupes débarquées

de navires égyptiens sur un point éloigné de la côte nord de la Palestine.

 

Il est possible, si l’on en croit certaines indications, que Pépi I ait pris

son fils Mérenrê comme co-régent car il apparaît qu’il ne régna seul que

pendant cinq ans au plus. Pendant ce temps, toutefois, il fit beaucoup pour

développer et consolider la mainmise égyptienne en Nubie, et peu avant

sa mort, il parut en personne à la Ire Cataracte pour recevoir l’hommage des

chefs de provinces nubiennes.

 

A la mort de son frère Mérenrê, Pépi II, qui avait six ans, monta sur le

trône et dirigea le pays pendant quatre-vingt-quatorze ans ; il quitta ce monde

au cours de sa centième année, après l’un des plus longs règnes de l’histoire.

Pendant la minorité du roi, le pouvoir fut aux mains de sa mère et de son frère.

La seconde année du règne de Pepi II fut marquée par le retour en Egypte

d’Herkhouf, nomarque d’Elephantine qui avait voyagé en Nubie et avait

atteint la province de Yam ; il ramenait une riche cargaison de trésors et un danseur

pygmée en cadeau pour le roi. Plein d’enthousiasme, le roi âgé de huit ans

adressa une lettre de remerciements à Herkhouf, le priant de prendre toutes

les précautions possibles pour que le pygmée arrivât à Memphis en bon état.16

 

Le très long règne de Pépi II s’acheva dans la confusion politique dont

l’origine remonte au début de la VIe dynastie, au moment où la puissance

croissante des nomarques de la Haute-Egypte leur permit de construire leurs

tombeaux dans leur propre province et non pas près du roi dans la nécropole.

 

 

16. Herkhouf, nomarque, fit graver le texte même de la lettre royale sur les parois de sa tombe

à Assouan. Traduction du texte par J.H. BREASTED, Chicago, 1906, pp. 159 -161. L’aspect

anthropologique du problème du « Nain danseur du Dieu » a été étudié par R.A. DAWSON, 1938,

pp. 185 -189.

 

 

La décentralisation progressa alors rapidement. A mesure que le roi perdait

le contrôle des provinces, les puissants gouverneurs provinciaux voyaient

leur pouvoir s’accroître de plus en plus. L’absence de monuments après ceux

de Pépi II est bien le signe de l’appauvrissement total de la maison royale.

Comme la désintégration gagnait rapidement du terrain, cet appauvrissement

atteignit toutes les classes de la société. La chute fut-elle précipitée

par les forces de désintégration déjà trop puissantes pour qu’aucun pharaon

pût résister, ou par le très long règne de Pépi II qui sut mal se défendre,

on ne le sait pas exactement. Ce qui est clair c’est que l’Ancien Empire se

termina presque dès la mort de Pépi II, et que commença alors une

 

 

 

2.1.10 Premiere période intermédiaire, Egypte

A la mort de Pépi II, l’Egypte se désintégra dans une explosion de désordre.

Une période d’anarchie, de chaos social et de guerre civile commença alors.

Sur toute la longueur de la vallée du Nil, des principicules se battaient dans

une telle confusion que Manéthon nota dans son Histoire de l’Egypte que la VIIe

dynastie comprit soixante-dix rois qui régnèrent soixante-dix jours. Ceci représente

sans doute un régime d’exception installé à Memphis pour remplacer

temporairement la royauté disparue avec l’écroulement de la VIe dynastie17.

On connaît peu de choses sur la VIIIe dynastie et même si le nom des

rois nous est parvenu, l’ordre chronologique de leurs règnes est controversé.

Peu après, cependant, une nouvelle maison réussit à s’installer à Hérakléopolis

(en Moyenne-Egypte) et il y eut quelques tentatives pour maintenir la

culture memphite. Les rois des IXe et Xe dynasties tinrent évidemment sous

leur contrôle le Delta, qui avait été la proie de nomades pillards vivant dans

le désert. La Haute-Egypte toutefois s’était fractionnée entre ses anciennes

unités initiales, chacun des nomes sous le contrôle de son gouverneur local.

Par la suite, l’histoire de l’Egypte est marquée par la croissance d’un empire

thébain qui, pendant la XIe dynastie, devait s’étendre sur la Haute-Egypte

d’abord, et, peu de temps après, sur toute l’Egypte.

C’est le sage Ipou-Our qui a le mieux décrit la situation de l’Egypte

après l’écroulement de l’Ancien Empire, qui avait été l’instigateur des plus

importantes réalisations matérielles et intellectuelles du pays et qui avait

permis aux plus hautes capacités individuelles de se donner libre cours. Ses

écrits qui remontent, semble-t-il, à la Première Période Intermédiaire18 ont

été conservés sur un papyrus du Nouvel Empire qui se trouve maintenant au

musée de Leyde.

 

 

2.1.11 Le moyen empire, Egypte

Le Moyen Empire

(2060-1785 avant notre ère)23

Bien que les Egyptiens aient été conscients des valeurs démocratiques, ils les

perdirent de vue. Elles semblaient se préciser pendant les périodes de troubles,

mais s’estompèrent rapidement avec le retour de la prospérité et de la

discipline pendant le Moyen Empire, qui fut la seconde grande période de

développement national. Une fois de plus, l’Egypte s’unifia par la force des

armes. Thèbes jusque-là petit nome inconnu et sans importance, mit un terme

à la suprématie d’Hérakléopolis et revendiqua l’Etat d’Egypte tout entier ; en

gagnant la guerre, Thèbes réunit les deux pays sous son autorité unique.

Le roi Mentouhotep II se distingue comme la personnalité dominante

de la XIe dynastie. Sa grande oeuvre dut être la réorganisation de l’administration

du pays. Toute résistance à la maison royale avait été écrasée, mais il

se peut qu’il y ait eu de temps à autre de petits soulèvements. Quoi qu’il en

soit, le climat politique du Moyen Empire fut différent de celui des époques

précédentes en ce que la sécurité paisible de l’Ancien Empire était une chose

révolue. Mentouhotep II, dont le règne fut long, construisit le plus important

monument de l’époque à Thèbes : le temple funéraire de Deir el-Bahari. Son

architecte créa une forme de construction nouvelle et efficace. Il s’agissait

d’un édifice en terrasses garni de colonnades et surmonté d’une pyramide

bâtie au milieu d’une salle à colonnes située au niveau supérieur24.

Après Mentouhotep, la famille commença à décliner. Sous le règne du

dernier roi de la XIe dynastie, uncertain Amenemhat, portant entre autres

titres celui de vizir du roi, est sans doute le même homme qui fonda la XIIe

dynastie, le roi Amenemhat, premier d’une ligne de puissants souverains.

 

 

2.1.12 La deuxième période intermédiaire de l'Egypte

Les noms portés par certains pharaons de la XIIIe dynastie sont le reflet

de l’existence en Basse-Egypte d’une importante population asiatique. Sans

doute cet élément s’accrut-il sous l’effet de l’immigration de groupes nombreux

venus des terres situées au nord-est de l’Egypte et contraints à se

déplacer vers le sud par suite de vastes mouvements de populations dans

le Proche-Orient. Les Egyptiens appelaient les chefs de ces tribus Heka-

Khasouta — c’est-à-dire « Chefs de pays étrangers » — d’où le nom d’Hyksos

forgé par Manéthon et qui est maintenant généralement appliqué au peuple

tout entier.

Les Hyksos ne commencèrent à mettre sérieusement en péril l’autorité

politique de la XIIIe dynastie qu’aux environs de – 1729. En – 1700, cependant,

ils apparaissaient comme un peuple de guerriers bien organisés et bien

équipés ; ils conquirent la partie est du Delta, y compris la ville de « Hat-Ouaret

» (Avaris) dont ils refirent les fortifications et qu’ils prirent pour capitale.

L’on admet généralement que la domination des Hyksos en Egypte ne fut

pas la conséquence d’une invasion soudaine du pays par les armées d’une

nation asiatique isolée. Ce fut, comme nous l’avons dit, le résultat d’une

infiltration, durant les dernières années de la XIIIe dynastie, de groupes

appartenant à plusieurs peuples, surtout sémitiques, du Proche-Orient. En

effet, la plupart de leurs rois portaient des noms sémites tels que Anat-Her,

Semken, Amou ou Jakoub-Her.

 

 

 

2.1.13 Le Nouvel Empire, Egypte

(1580-1085 avant notre ère)

La XVIIIe dynastie

Le roi Ahmosis I, salué par la postérité comme le père du Nouvel Empire

et le fondateur de la XVIIIe dynastie, fut de toute évidence d’une vigueur

et d’une capacité exceptionnelles. Son fils Aménophis I lui succéda ; digne

successeur de son père, il dirigea avec vigueur la politique intérieure aussi

bien que la politique extérieure. Quoique plus préoccupé sans doute par l’organisation

de l’empire que par les conquêtes, il trouva cependant le temps de

consolider et d’étendre la conquête de la Nubie jusqu’à la IIIe Cataracte. La

Palestine et la Syrie ne bougèrent pas pendant les neuf années de son règne.

Aménophis I semble avoir mérité sa réputation de grandeur qui fut à son

apogée lorsque l’on fit de lui et de sa mère les divinités tutélaires de la nécropole

thébaine31. Ses successeurs furent Thoutmosis I et Thoutmosis II, puis

la reine Hatshepsout qui épousa successivement chacun de ses deux demi

frères, Thoutmosis II et Thoutmosis III. Toutefois, au cours de la cinquième

année de son règne, Hatshepsout fut assez puissante pour pouvoir se déclarer

chef suprême du pays. Pour légitimer ses prétentions32, elle fit savoir que

son père était le dieu national Amon-Rê qui se présenta à la mère de la reine

sous les traits du père de celle-ci, Thoutmosis I. Les vingt années de son

règne pacifique furent prospères pour l’Egypte. Elle s’attacha tout particulièrement

aux affaires intérieures du pays et à la construction de grands édifices.

Les deux réalisations dont elle fut le plus fière furent l’expédition au pays

de Pount et l’érection de deux obélisques flanquant le temple de Karnak.

Toutes deux devaient témoigner de sa dévotion à son « père » Amon-Rê.

 

 

 

2.1.14 La XIXe dynastie, Egypte

Horemheb était issu d’une lignée de nobles provinciaux d’une petite ville

de Moyenne-Egypte. Sa longue carrière de maréchal de l’armée égyptienne

et d’administrateur lui donna l’occasion de mesurer la corruption politique

qui s’était dangereusement accrue depuis le début du règne d’Akhnaton.

Il lança rapidement une vaste série de réformes qui furent salutaires pour

le pays. Il promulgua également un décret pour hâter le recouvrement du

revenu national et mettre un terme à la corruption des fonctionnaires militaires

et civils.

Horemheb témoigna d’une faveur particulière à l’égard d’un officier du

nom de Ramsès qu’il nomma vizir et choisit comme son successeur au trône.

Mais c’était déjà un vieillard et il ne régna que deux ans. Après lui, vint son

fils et co-régent, Séthi I, premier d’une lignée de guerriers qui concentrèrent

tous leurs efforts pour redonner à l’Egypte son prestige à l’extérieur. Dès que

Séthi I monta sur le trône, il eut à faire face à la dangereuse coalition de différentes

cités syriennes, encouragées et même soutenues par les Hittites. Il eut

la chance de pouvoir attaquer la coalition, la vaincre et redonner à l’Egypte la

possibilité de reprendre le contrôle de la Palestine.

 

 

2.1.15 La XXe dynastie, Egypte

A la mort de Mineptah, il y eut une lutte dynastique et le trône fut

occupé par cinq souverains plus ou moins éphémères dont l’ordre de

succession et le degré de parenté n’ont pas encore été établis avec une

certitude raisonnable. L’ordre fut rétabli par Sethnakht qui occupa le

trône pendant trois ans et fut le premier roi de la XXe dynastie. Son fils

Ramsès III lui succéda et, au cours d’un règne de plus de trente et un

ans, s’employa à faire renaître, alors qu’il était déjà bien tard, la gloire

du Nouvel Empire. Au cours des cinquième et onzième années de son

règne, il infligea une défaite décisive aux hordes d’envahisseurs venues

de Libye occidentale et, au cours de la huitième, fit battre en retraite les

Peuples de la Mer, venus en masse ordonnée par mer et par terre. Il est

significatif que ces guerres furent toutes trois défensives et eurent lieu,

à part l’unique expédition sur terre contre les Peuples de la Mer, aux

frontières de l’Egypte, ou même à l’intérieur du pays. Une seule défaite

eût signifié la fin de l’histoire de l’Egypte en tant que nation, car il ne

s’agissait pas là de simples attaques militaires lancées dans un but de

pillage ou de domination politique, mais de véritables tentatives d’occupation

du riche Delta et de la vallée du Nil par des nations entières

de peuples avides de terres, comprenant les combattants, leurs familles,

leurs troupeaux et leurs biens.

 

 

 

2.1.16 Dynasties XXI à XXIV, Egypte

Au cours de la XXIe dynastie, le pouvoir fut partagé, d’un commun accord,

entre les princes de Tanis dans le Delta41 et la dynastie de Hérihor à Thèbes.

A la mort de ce dernier, Smendès, qui gouvernait le Delta, semble avoir

exercé son autorité sur tout le pays. Cette période vit l’épanouissement

d’une nouvelle puissance, une famille d’origine libyenne, venue du Fayoum.

Il se peut qu’à l’origine ils aient été des mercenaires qui s’étaient établis

là quand l’Egypte abandonna l’Empire42. Toutefois, l’un des membres de

cette famille, appelé Sheshonq, réussit à s’emparer du trône d’Egypte et à

fonder une dynastie qui dura environ deux cents ans.

 

Vers la fin de la XXIIe dynastie, l’Egypte se trouva irrémédiablement

divisée en petits Etats rivaux et menacée à la fois par l’Assyrie et par un puissant

Soudan indépendant. Pourtant, un homme du nom de Pédoubast réussit

à asseoir une dynastie rivale. Bien que Manéthon appelle dynastie tanite

cette XXIIIe dynastie, les rois n’en continuèrent pas moins à porter les noms

des pharaons de la XXIIe dynastie : Sheshonq, Osorkon et Takélot. Sous ces

deux dynasties, l’Egypte maintint des relations pacifiques avec Salomon à

Jérusalem qui épousa même une princesse égyptienne. Pourtant, au cours de

la cinquième année du règne du successeur de Salomon, Sheshonq attaqua

la Palestine. Bien que l’Egypte n’ait pas cherché à conserver la Palestine,

elle regagna un peu de son ancienne influence et bénéficia d’un commerce

extérieur développé.

 

La XXIVe dynastie ne comprend qu’un seul roi, Bakenrenef, que les

Grecs appelaient Bocchoris, fils de Tefnakht. C’est probablement ce dernier

qui signa un traité avec Hoshen de Samarie contre les Assyriens. Bocchoris

entreprit de soutenir le roi d’Israël contre le roi assyrien Sargon II, mais son

armée fut battue à Raphia en -720. Son règne prit fin quand le roi du Soudan

Shabaka envahit l’Egypte.

La XXVe dynastie

ou dynastie soudanaise43

Aux alentours de – 720, il y eut une nouvelle invasion de l’Egypte, mais cette

fois venue du sud. D’une capitale située près de la IVe Cataracte, Peye, un

Soudanais qui gouvernait le Soudan entre les Ire et ...

La suite dans les sources de l'Unesco...

 

 

 

2.1.17 La dynastie saïte, Egypte

L’Egypte fut libérée de la domination assyrienne par un Egyptien du nom

de Psammétique. En – 658, il réussit avec l’aide de Gygès de Lydie, et des

mercenaires grecs, à détruire tous les vestiges de la suzeraineté assyrienne,

et à fonder une nouvelle dynastie, la XXVIe. Les rois de cette dynastie

furent plus ou moins des hommes d’affaires qui s’efforcèrent courageusement

de redresser la situation de l’Egypte en contribuant à la prospérité

commerciale du pays. La Haute-Egypte devint le grenier où s’accumulait la

production agricole que vendait la Basse-Egypte.

 

 

2.1.18 La période perse, Egypte

Sous le règne de Psammétique III, les Egyptiens durent subir la conquête

de leur pays par les Perses dirigés par Cambyse ; avec cette occupation,

l’histoire de l’Egypte comme puissance indépendante s’acheva pratiquement.

La XXVIIe dynastie comprit des rois perses. La XXVIIIe dynastie

fut celle d’Amyrtée, dynaste local qui fomenta une révolte durant le règne

tourmenté de Darius II. Grâce à des alliances avec Athènes et Sparte, les

rois des XXIXe et XXXe dynasties réussirent à conserver l’indépendance

ainsi conquise pendant une soixantaine d’années.

La seconde domination perse en Egypte commença sous Artaxerxès III

en – 341. Alexandre y mit rapidement fin en envahissant l’Egypte en – 332,

après avoir battu les Perses à la bataille d’Issos.

 

2.1.19 L'artisanat de l'Egypte ancienne,

L’artisanat

La contribution de l’ancienne Egypte dans le domaine de l’artisanat apparaît

dans le travail de la pierre comme nous venons de le voir, mais aussi de

la métallurgie, du bois, du verre, de l’ivoire, de l’os et de nombreux autres

matériaux. Les anciens Egyptiens, après avoir découvert les diverses ressources

naturelles du pays, procédèrent à leur extraction et perfectionnèrent

peu à peu les techniques. Celles de l’agriculture et de la construction, d’une

nécessité vitale pour la communauté, exigeaient la fabrication d’outils de

pierre et de cuivre tels que haches, ciseaux, maillets et herminettes. Ces

outils étaient façonnés avec une grande habileté pour satisfaire aux diverses

exigences de l’architecture et de l’industrie, comme le percement de trous

ou la fixation des blocs. Ils fabriquaient également des arcs, des flèches,

des poignards, des boucliers et des bâtons de jet. Pendant longtemps, et

même à l’époque historique, outillage et armement, hérités de l’époque

néolithique, resteront surtout lithiques. Les falaises calcaires qui bordent

le Nil sont riches en silex de grande taille et d’excellente qualité, que les

Egyptiens continuèrent à utiliser longtemps après l’apparition du cuivre et

du bronze. Au demeurant, très souvent le rituel religieux exigeait l’emploi

d’instruments de pierre, ce qui contribua beaucoup au maintien des techniques

de taille de la pierre, et en particulier du silex.

Pour l’outillage métallique, le fer n’ayant pratiquement pas été utilisé

avant l’extrême fin de l’époque pharaonique, les techniques métallurgiques de

l’Egypte se ramènent à celles de l’or, de l’argent, du cuivre et de ses alliages,

bronze et laiton. On a retrouvé au Sinaï des traces de l’exploitation et du traitement

du minerai de cuivre par les Egyptiens ; de même en Nubie, à Bouhen,

où les pharaons de l’Ancien Empire disposaient de fonderies pour le cuivre.

Au Sinaï, comme en Nubie, les Egyptiens travaillaient en collaboration

avec les populations locales et les techniques utilisées pour le traitement du

métal purent donc facilement passer d’un domaine culturel à l’autre. C’est

peut-être à cette occasion que, d’une part, l’écriture pharaonique par le

truchement de l’écriture protosinaïtique, qu’elle influença, put jouer un rôle

important dans l’invention de l’alphabet, et que, d’autre part, la métallurgie

du cuivre put se répandre largement en Afrique nilotique d’abord, puis

au-delà.

 

 

2.1.20 Egypte sous domination Romaine

Rome, de l’alliance à la domination sur l’Égypte

Le passage de l’Egypte de la domination ptolémaïque à celle de Rome s’effectua

pratiquement sans secousses. Depuis longtemps les rapports entre

Alexandrie et Rome avaient été marqués par une cordialité qui remontait à

l’époque de Ptolémée Philadelphe. Celui-ci le premier avait signé un traité

d’amitié et envoyé une ambassade à Rome en – 273. Un demi-siècle plus

tard, Ptolémée Philopator avait maintenu sa bienveillance envers Rome

pendant la guerre avec Hannibal (– 218/– 201). Rome à son tour avait sauvé

l’indépendance égyptienne lors de l’invasion d’Antiochus III en – 168.

Toutefois, après cette prise de position, la République avait pratiquement

acquis la possibilité et l’habitude d’un contrôle dans les affaires égyptiennes

qui ne se montra que trop ouvertement dans les dernières années du

royaume des Ptolémées. Les intrigues entre Cléopâtre VII (– 51/– 30) et les

généraux romains avaient eu probablement pour but de leur faire épouser

les intérêts de son royaume, mais son soutien inconditionnel à Marc Antoine

lui valut enfin la perte définitive du trône au moment où son ami fut vaincu

par Octavien (– 31).

 

 

 

2.1.21 La Nubie et son importance

Un simple coup d’oeil sur une carte générale, physique, de l’Afrique suffit

à montrer l’importance de la Nubie pour les rapports de l’Afrique centrale,

celle des Grands Lacs et du bassin congolais, avec le monde méditerranéen.

Parallèle en grande partie à la mer Rouge, la vallée du Nil, en creusant le

« Couloir » nubien entre le Sahara à l’ouest et le désert arabique ou nubien

à l’est, met en prise directe, si l’on peut dire, les vieilles civilisations du bassin

de la Méditerranée avec celles du monde noir. Ce n’est pas un hasard si

une admirable tête en bronze d’Auguste a été trouvée à Méroé, à moins de

200 km de Khartoum.

 

Certes, si la route ainsi créée par le Nil permet la traversée sûre d’une

des régions désertiques du monde, elle n’est toutefois pas aussi aisée qu’elle

pourrait sembler de prime abord. Les « cataractes », d’Assouan aux environs

d’Omdurman, gênent considérablement la remontée du Nil du nord vers

le sud ; elles peuvent même interrompre complètement la navigation. Par

ailleurs, les boucles du fleuve allongent beaucoup la route ; elles peuvent

elles aussi constituer un obstacle sérieux, comme entre Abou Hamed et le

ouadi el-Milk, lorsque le cours du Nil, de sud-nord qu’il était, tourne vers

le sud-ouest. Courants et vents dominants s’unissent alors pour s’opposer

pendant une grande partie de l’année à la remontée des bateaux vers le

sud ; on remarquera toutefois qu’ils favorisent la descente vers la Méditerranée.

Plus au sud, enfin, la région des grands marécages des « Sudds »,

sans être impénétrable, ne facilite cependant pas les échanges culturels ou économiques.

 

 

 

2.1.22 La nubie à partir de - 2300

partir de – 2300, pour autant que l’archéologie permette de l’entrevoir,

la population du Couloir nubien se répartit en plusieurs « familles »

très proches les unes des autres, distinctes cependant, à la fois par la culture

matérielle : céramique, types des instruments, armes et outils utilisés, et

par le rituel observé lors des enterrements : types de tombes, répartition du

mobilier funéraire à l’intérieur et à l’extérieur de la sépulture, etc. Toutefois,

les ressemblances sont beaucoup plus nombreuses que les divergences :

importance de l’élevage, emploi général de la céramique rouge à bord noir,

sépultures du type « tumulus », etc.

 

D’Assouan au Batn-el-Haggar (cf. carte) les populations du Groupe C

restent, de – 2200 à – 1580, en contact étroit avec l’Egypte, soit que celle-ci

administre directement la région, de – 2000 à – 1700 environ, soit que, de

1650 à – 1580, de nombreux Egyptiens vivent à demeure dans le pays, sans

doute au service du nouveau royaume de Koush (cf. ci-dessous et chap. 9),

tout en gardant des liens avec la région thébaine dont ils proviennent, contribuant

ainsi à la diffusion des idées et des techniques égyptiennes.

Plus au sud, à partir du Batn-el-Haggar, commence le domaine du

royaume de Kerma, du nom du centre le plus important retrouvé à ce jour (cf.

chap. 9).

 

La civilisation de Kerma ne diffère de celle du Groupe C que par

des détails. Le matériel archéologique découvert dans les rares sites fouillés

témoigne de liens étroits non seulement avec l’Egypte, mais également, à

partir de – 1600, avec les Hyksos asiatiques qui ont eu avec elle des contacts

directs, semble-t-il.

 

 

Il est assez facile de déterminer la limite nord de la zone administrée

directement par les populations « Kerma », elle s’établit dans le Batn-el-

Haggar. En revanche, il est beaucoup plus malaisé d’en préciser la limite

sud. Des trouvailles récentes (1973) de poterie Kerma au sud de Khartoum,

entre Nil Bleu et Nil Blanc, sembleraient indiquer que, sinon le royaume

de Kerma lui-même, du moins son influence s’étendait jusqu’à la Gezira

actuelle. Il aurait donc été en contact direct avec le monde nilotique des

Sudds (cf. carte).

 

 

2.1.23 La période du groupe A, la nubie

Vers la fin du IVe millénaire avant notre ère florissait en Nubie une culture

remarquable appelée par les archéologues culture du Groupe A1. Les outils

de cuivre (les plus anciens outils de métal trouvés à l’heure actuelle au Soudan)

et les poteries d’origine égyptienne exhumées des tombes du Groupe

A montrent que l’épanouissement de cette culture fut contemporaine de la

Ire dynastie en Egypte (– 3100). Cette culture est désignée par une simple

lettre parce qu’elle ignorait l’écriture, qu’on n’a trouvé d’allusions à elle

dans aucune culture possédant une écriture et qu’on ne peut l’associer à

aucun lieu précis de découverte ni aucun centre important. Ce fut néanmoins

une période de prospérité, marquée par une augmentation considérable

de la population.

Des découvertes archéologiques appartenant certainement au Groupe A

ont été faites jusqu’à présent en Nubie, entre la Ire Cataracte au nord et Batnel-

Haggar (le Ventre de pierres) au sud. Mais on a aussi trouvé des poteries

semblables à celles du Groupe A à la surface de divers sites plus au sud, au

Soudan septentrional. Une tombe située près du pont d’Omdurman2 a fourni

un pot qui est impossible à distinguer d’un autre pot trouvé à Faras dans une

tombe du Groupe A3.

 

 

2.1.24 La fin du Groupe A, la Nubie

Au Groupe A, qui a probablement survécu en Nubie jusqu’à la fin de la IIe

dynastie d’Egypte (– 2780), succéda une période de pauvreté et de déclin

culturel très net, qui dura depuis le commencement de la IIIe dynastie

d’Egypte (– 2780) jusqu’à la VIe dynastie (– 2258). Elle a donc été contemporaine

de la période connue en Egypte sous le nom de période de l’Ancien

Empire8. La culture trouvée en Nubie pendant cette période a été appelée

Groupe B par les premiers archéologues qui ont travaillé dans cette région.

Ils estimaient que la Basse-Nubie, pendant la période de l’Ancien Empire égyptien, était habitée par un groupe distinct du Groupe A qui l’avait

précédé9.

Cette hypothèse, que certains savants10 continuent de tenir pour valable11

a été rejetée par d’autres12 et l’existence du Groupe B est maintenant généralement

considérée comme douteuse13.

La persistance des caractéristiques du Groupe A dans les tombes attribuées

au Groupe B montre qu’il est plus probable que c’étaient simplement

des tombes du peuple du Groupe A appauvri, à un moment où sa culture

était sur le déclin. Les nouvelles caractéristiques propres au Groupe B et par

lesquelles il diffère de son prédécesseur peuvent n’avoir été que le résultat

du déclin général et de la pauvreté. La cause de ce déclin peut être cherchée

dans les activités hostiles répétées de l’Egypte contre la Nubie après l’unification

de la première et sa transformation en un Etat fort et centralisé sous

un souverain unique.

 

 

 

2.1.25 La période du groupe C, la Nubie

Vers la fin de l’Ancien Empire d’Egypte26 ou pendant la période appelée par

les égyptologues la Première Période Intermédiaire (– 2240 – 2150)27 apparut

en Nubie une nouvelle culture indépendante (avec des objets caractéristiques

et des rites funéraires différents), appelée par les archéologues le Groupe C.

Analogue à son prédécesseur le Groupe A, cette culture était aussi chalcolithique.

Elle dura dans cette partie de la vallée du Nil jusqu’au moment où

la Nubie fut complètement égyptianisée, au XVIe siècle avant notre ère. La

limite nord de la culture du Groupe C se trouvait au village de Koubanieh

nord, en Egypte28 ; la frontière sud n’est pas encore connue avec certitude,

mais on a trouvé des restes de cette culture vers le sud jusqu’à Akasha, à la

limite la région de la IIe Cataracte, ce qui fait qu’il est probable que cette

frontière du Groupe C était quelque part dans la région de Batn-el-Haggar.

On ne sait encore rien de certain sur les affinités ethniques du Groupe C

ni sur l’origine de sa culture.

 

 

2.1.26 Kerma (– 1730 – 1580), de la Nubie à l'Egypte

Kerma (– 1730 – 1580)

Comme nous l’avons déjà vu, la frontière sud du Moyen Empire égyptien

avait incontestablement été fixée à Semneh par Sésostris III. Mais les importantes

fouilles de l’archéologue américain G.A. Reisner entre 1913 et 1916 à

Kerma, un peu en amont de la IIIe Cataracte et à 240 km à vol d’oiseau au

sud de Semneh, ont révélé une culture, appelée culture de Kerma, dont les

spécialistes ont donné des interprétations divergentes.

 

 

 

2.1.27 Le royaume deKoush, Egypte

Le royaume de Koush

Comme le nom géographique de Koush est lié à Kerma58 et comme les

tumulus de Kerma montrent clairement qu’ils servaient à la sépulture de

puissants rois indigènes qui avaient des relations diplomatiques et commerciales

avec les rois Hyksos en Egypte, il semble plus vraisemblable

que Kerma était la capitale de Koush. Ce royaume a connu son ère de

prospérité à l’époque appelée, dans l’histoire de l’Egypte, Deuxième

Période Intermédiaire (– 1730 – 1580). L’existence de ce royaume, dont le

souverain était appelé « Prince de Koush », est attestée par plusieurs documents.

La première stèle de Kamose59 le dernier roi de la XVIIe dynastie

égyptienne et probablement le premier roi qui ait dressé la bannière de

la lutte organisée contre les Hyksos, décrit la situation politique dans la

vallée du Nil à cette époque. Elle montre l’existence d’un royaume indépendant

de Koush, dont la frontière nord était fixée à Eléphantine, d’un

Etat égyptien, dans la Haute-Egypte, entre Eléphantine au sud et Cusae

au nord et enfin du royaume Hyksos en Basse-Egypte. Une autre stèle60

nous apprend que Kamose intercepta sur la route des oasis un message

envoyé par Apophis, le roi Hyksos, « au Prince de Koush », demandant son

aide contre le roi égyptien. En outre, deux stèles découvertes à Bouhen

montrent que deux fonctionnaires nommés Sepedher61 et Ka62 étaient au

service du « Prince de Koush ». Le royaume de Koush, qui comprit toute la

Nubie au sud d’Eléphantine après la chute du Moyen Empire en Egypte

(à la suite de l’invasion Hyksos), s’écroula quand Thoutmosis I conquit la

Nubie au-delà de la IVe Cataracte.

 

 

2.1.28 culture Kerma, Nubie à l'Egypte

La culture de Kerma

Les sites typiques de la culture de Kerma découverts en Nubie ne vont pas

plus loin au nord que Mirgissa63 ce qui indique que la IIe Cataracte était la

frontière entre la culture Kerma et la culture du Groupe C.

 

Caractéristiques de la culture Kerma sont une poterie tournée fine et très

polie, rouge avec un haut noir, des vases en forme d’animaux ainsi que

d’autres décorés de dessins d’animaux, des poignards spéciaux en cuivre,

du bois travaillé et décoré de figures incrustées en ivoire et des figures et

ornements de mica cousus sur des chapeaux de cuir. Bien qu’une grande

partie des objets découverts à Kerma montre sans aucun doute une tradition

culturelle indigène, on ne peut pas ignorer l’influence des techniques

et de l’artisanat égyptiens64. On a avancé qu’une grande partie de ces objets

avaient été fabriqués par des artisans égyptiens65, mais on peut aussi penser

qu’ils ont été faits suivant le goût local par des artisans indigènes qui avaient

appris les techniques égyptiennes.

 

Dans le domaine religieux, ce sont les rites funéraires qui caractérisent la

culture de Kerma. La tombe de Kerma est marquée par un tumulus de terre

en forme de dôme bordé par un cercle de pierres noires parsemées de galets

blancs. Un des grands tumulus du cimetière de Kerma (K III) consistait en

murs de briques formant un cercle de 90 mètres de diamètre66. Deux murs

parallèles qui traversaient le tumulus d’est en ouest en son milieu formaient

un couloir central qui le divisait en deux sections. Un grand nombre de

murs parallèles partaient à angle droit des deux côtés de ce couloir jusqu’à

la circonférence du cercle vers le nord et le sud. Au milieu du mur sud du

couloir, une porte ouvrait sur un vestibule conduisant vers l’est à la chambre

principale de la sépulture. A Kerma, le principal personnage enterré reposait

sur un lit, couché sur le côté droit. Sur ce lit étaient posés un oreiller de bois,

un éventail en plumes d’autruche et une paire de sandales.

 

 

 

2.1.29 De nubie à l'Egypte, nouvel Empire - 1580 - 1050

Le nouvel Empire (– 1580 – 1050)

Quand les Egyptiens se furent réinstallés après avoir complètement libéré

leur pays des Hyksos, ils recommencèrent à tourner leur attention vers leur

frontière sud, et ce fut le commencement de la conquête la plus complète

de la Nubie par l’Egypte depuis le début de son histoire ancienne.

La première stèle du roi Kamose, déjà mentionnée, explique comment

Kamose était situé entre un roi en Basse-Egypte et un autre dans le pays

de Koush. Elle déclare aussi que ses courtisans étaient satisfaits de l’état de

choses sur la frontière sud de l’Egypte puisque Eléphantine était fortement tenue...

 

 

2.1.30 De nubie à l'Egypte XVIII e dynastie

La Nubie sous la XVIIIe dynastie

Nous savons par une inscription rupestre entre Assouan et Philae, datée de

la première année du règne de Thoutmosis II70, qu’il y eut une révolte en

Nubie après la mort de Thoutmosis I. D’après cette inscription, un messager

arriva pour apporter à Sa Majesté la nouvelle que Koush avait commencé à

se révolter et que le chef de Koush et d’autres princes établis plus au nord

conspiraient ensemble. Elle nous apprend aussi qu’une expédition avait été

envoyée et la révolte matée. Après cette expédition punitive, la paix fut

restaurée et solidement établie en Nubie pour de nombreuses années.

Tout le règne de Hatshepsout, qui succéda à Thoutmosis II, connut la

paix. Le monument le plus important de l’époque de cette reine en Nubie

est le temple magnifique qu’elle bâtit à Bouhen à l’intérieur des murs de la

citadelle du Moyen Empire71.

 

 

2.1.31 De nubie à l'Egypte, XIX e dynastie

La Nubie sous la XIXe dynastie

A partir de l’époque d’Akhnaton, la position de l’Egypte s’affaiblit continuellement

à l’intérieur et à l’extérieur. Akhnaton était un rêveur et son

mouvement religieux fit beaucoup de tort à l’Empire. En outre, les pharaons

qui lui succédèrent furent des faibles, complètement incapables de

trouver des solutions aux problèmes de l’époque. Le malaise avait envahi

tout le pays. Il y avait tout lieu de craindre une guerre civile ouverte et

le pays était menacé par une anarchie générale. A ce moment critique,

l’Egypte eut la chance de trouver un libérateur en la personne d’un général

nommé Horemheb, qui était un chef capable et expérimenté. Pendant le

règne de Toutankhamon, Horemheb parcourut la Nubie en qualité de chef

de l’armée pour vérifier la loyauté de l’administration après la restauration

de l’ancien régime79. Quand il usurpa le trône d’Egypte, il fit une seconde

apparition en Nubie. Bien que ce voyage, d’après les inscriptions sur les

murs de son temple commémoratif creusé dans le roc à Silsila en Haute-

Egypte, ait été une expédition militaire, il semble qu’il se soit agi plutôt

d’une simple visite de l’usurpateur qui voulait s’assurer de sa position dans

une région d’importance vitale pour lui en Egypte. En tout cas, Horemheb

s’assura la loyauté de l’administration égyptienne de Nubie, comme le montre

le fait que Aser, vice-roi de la Nubie sous le règne précédent, continua à

occuper le même poste sous Horemheb.

Ramsès I (– 1320 – 1318), qui succéda à Horemheb, fut le véritable fondateur

de la XIXe dynastie. Pendant la seconde année de son règne, il érigea une stèle...

 

 

 

2.1.32 De nubie à l'Egypte, fin du nouvel empire...

Fin du Nouvel Empire

Par suite de ses richesses et aussi de la puissance de ses troupes, la Nubie

commença vers la fin du Nouvel Empire à jouer un rôle important dans

les affaires politiques intérieures de l’Egypte elle-même. Le désordre, la

faiblesse, la corruption et les luttes pour le pouvoir ont caractérisé cette

époque en Egypte. Ceux qui prenaient part à ces luttes, comprenant pleinement

l’importance de la Nubie pour leurs entreprises, s’efforçaient de

gagner le soutien de son administration. Le roi Ramsès-Siptah de la XIXe

dynastie alla lui-même en Nubie, pendant la première année de son règne,

pour nommer Séti vice-roi de Nubie93. Son délégué apporta des cadeaux

et des récompenses aux hauts fonctionnaires de Nubie. Mineptah-Siptah,

le dernier roi de la XIXe dynastie, fut même obligé d’envoyer un de ses

fonctionnaires pour rapporter le tribut de la Nubie94, ce qui figurait parmi

les devoirs du vice-roi de Nubie quand le pharaon avait un pouvoir réel sur

l’ensemble de son empire.

Pendant la XXe dynastie, la situation se détériora considérablement en

Egypte. y eut une conspiration du harem sous Ramsès III (– 1198 – 1166),

visant à le déposer. Parmi les conspirateurs, il y avait la soeur du commandant

des archers de Nubie, qui prit contact avec son frère pour qu’il lui

prête son concours dans l’exécution du complot. Mais il est évident que

le vice-roi de Nubie resta fidèle au pharaon. Sous Ramsès XI, le dernier

roi de la XXe dynastie, une révolte éclata dans ...

 

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