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Histoire Egypte, Cheick Anta Diop

Préhistoire de l'afrique occidentale

Chapitre 24

T.shaw

Les principales zones climatiques et phytologiques traversent d’est en ouest

toute l’Afrique occidentale. Les plus fortes précipitations sont enregistrées près

du littoral ; elle diminuent à mesure qu’on se dirige vers le nord, à l’intérieur

des terres. Au nord, la frange méridionale du désert est bordée par la bande

sèche du Sahel ; plus au sud, on trouve la grande savane. Entre la savane et

la forêt tropicale, dense et humide, qui longe la côte, existe une zone de forêt

dégradée, défrichée, que l’action de l’homme a transformée en savane.

 

 

 

 

1.24.1 Les zones climatiques, préhistoire afrique occidentale

Les principales zones climatiques et phytologiques traversent d’est en ouest

toute l’Afrique occidentale. Les plus fortes précipitations sont enregistrées près

du littoral ; elle diminuent à mesure qu’on se dirige vers le nord, à l’intérieur

des terres. Au nord, la frange méridionale du désert est bordée par la bande

sèche du Sahel ; plus au sud, on trouve la grande savane. Entre la savane et

la forêt tropicale, dense et humide, qui longe la côte, existe une zone de forêt

dégradée, défrichée, que l’action de l’homme a transformée en savane.

 

 

 

1.24.2 L’homme préhistorique; Vestiges paléontologiques, préhistoire afrique occidentale

Jusqu’ici l’Afrique occidentale n’a produit ni vestiges des formes anciennes

de l’humanité, ou d’hominidés, comparables à ceux qui ont été découverts

en Afrique orientale et méridionale1, ni outillage de l’époque correspondante2.

Peut-on prétendre que de tels êtres aient existé en Afrique occidentale ?

 

Le manque actuel de données est-il dû au fait que ces hominidés

n’ont pas vécu à l’époque dans cette région, ou bien sommes-nous seulement,

à titre provisoire, démunis de témoignages ? C’est une question

à laquelle il est, pour le moment, impossible de répondre ; toutefois, on

n’assiste en Afrique occidentale, dans le domaine de la recherche, à aucun

effort comparable à ceux dont l’Afrique orientale a été le théâtre.

 

Il faut aussi admettre que les gisements de même ancienneté semblent y être

plus rares. On sait, enfin, qu’étant donné le haut degré d’humidité et d’acidité

du sol, les conditions de conservation sont de beaucoup inférieures3.

Cela est illustré par les données d’une période sensiblement plus récente :

une carte la répartition, en Afrique, des découvertes de vestiges humains

osseux du Late Stone Age fait apparaître un blanc total pour la région

Congo-Afrique occidentale4. Pourtant, depuis l’établissement de cette

carte, des découvertes ont été faites au Nigeria et au Ghana, qui montrent

que le « blanc » indiquait plus une situation donnée des recherches qu’une

réelle absence de vestiges préhistoriques. Il peut en être de même pour

la période plus ancienne que nous allons aborder, éventuellement aussi

pour la carte de répartition des gisements de fossiles de vertébrés du Pléistocène

inférieur et moyen, qui présente le même vide.

 

 

1.24.3 Les industries de l'homme préhistorique, afrique occidentale

Les industries

Bien que les outils de l’homme préhistorique aient été taillés tant dans l’os et

le bois que dans la pierre, il est rare que le bois se conserve, et la composition

des sols de l’Afrique occidentale est impropre à la préservation de l’os. En

dehors des éclats grossièrement façonnés, les outils de pierre les plus anciens

et les plus simples consistent en galets ou blocs taillés par percussion pour

donner des instruments présentant un tranchant de 3 à 12 cm de long. On les

désigne sous le nom de galets aménagés ou d’outils oldowayens, d’après la

gorge d’Olduvai en Tanzanie. Ils sont très fréquents en Afrique.

 

 

1.24.4 L’Age de pierre; préhistoire afrique occidentale

Les termes « Paléolithique », « Epipaléolithique » et « Néolithique » sont

toujours en usage en Afrique du Nord ; depuis longtemps en revanche les

archéologues de l’Afrique sub-saharienne ont jugé préférable d’utiliser une

terminologie qui leur soit propre, fondée sur la réalité d’un continent et non

sur un système européen imposé de l’extérieur. Cette terminologie a été

officiellement adoptée lors du IIIe Congrès Panafricain de préhistoire, il y

a environ 20 ans. Nous utiliserons donc les termes de « Early Stone Age »,

« Middle Stone Age » et « Late Stone Age »36. Les limites chronologiques de

ces divisions de l’Age de pierre varient quelque peu de région à région. Très

approximativement, on retient la période de – 2 500 000 à – 50 000 avant notre

ère pour le Early Stone Age ; de – 50 000 à – 15 000 avant notre ère pour le

Middle Stone Age ; et de – 15 000 à – 500 avant notre ère pour le Late Stone

Age. Avec l’accumulation des connaissances nouvelles, des divisions et des

datations aussi simples en viennent à être modifiées, et demandent une présentation

plus complète37. L’usage du terme « Néolithique » est lui aussi de

plus en plus critiqué lorsqu’il est appliqué à l’Afrique sub-saharienne ; c’est

en effet un terme ambigu, dont on ne sait pas toujours très bien s’il renvoie à

une période, une technologie, un type d’économie ou à l’ensemble des trois.

 

 

1.24.5 Le Early Stone Age en Afrique occidentale

Acheuléen

Dans l’Afrique de l’Est, du Sud et du Nord-Ouest, l’ensemble des industries

oldowayennes fit place au complexe que nous connaissons sous le nom

d’Acheuléen, et qui est caractérisé par des bifaces. Ce sont des outils de

forme ovale ou ovale appointée dont le tranchant sur tout le pourtour a été

soigneusement taillé sur les deux faces ; un autre type caractéristique, le

hachereau, possède un tranchant transversal rectiligne.

 

 

1.24.6 Le Sangoen, préhistoire afrique occidentale

L’ensemble des industries sangoennes est difficile à définir47, et l’on a

mis en doute jusqu’à son existence en Afrique occidentale48. Succédant

à l’Acheuléen, conservant certaines pièces de son outillage, telles le pic et

le biface, un nouveau complexe d’industries vient au jour ; le hachereau

disparaît, les sphéroïdes se raréfient tandis que la priorité revient aux pics,

de forme souvent lourde et massive ; on rencontre aussi des « choppers »

fréquemment taillés sur des galets.

En Afrique occidentale, la répartition des éléments sangoens est plus

méridionale que celle de l’Acheuléen49; cela suggère de nouveaux modes

d’établissement. Au cap Manuel à Dakar, une industrie d’abord considérée

comme néolithique50 est maintenant reconnue comme sangoenne51 ou,

éventuellement, comme l’une de ses survivances tardives. On peut en dire

autant de certains éléments recueillis à Bamako52. Dans le Nigeria, les vestiges

sangoens se situent surtout dans la partie du pays qui s’étend du sud

du plateau de Jos au nord de la forêt tropicale dense ; on les trouve le long

des vallées fluviales, dans des graviers de 10 à 20 mètres au-dessus du niveau

actuel de la rivière53. Dans la vallée du Niger, près de Boussa, une industrie

consistant surtout en galets aménagés et dont les pics sont absents est

cependant considérée comme contemporaine du Sangoen pour des raisons

géologiques54. On a repéré de l’outillage sangoen disséminé au pied de la

chaîne de l’Atacora-Togo, et dans le sud du Ghana55 ; rares dans le Ghana du

Nord, ces industries sont relativement répandues dans le Sud.

 

 

 

 

1.24.7 Le Middle Stone Age en Afrique occidentale

Le terme Middle Stone Age sert à décrire un ensemble de complexes

industriels s’étendant approximativement de – 35 000 à – 15 000.

En Afrique occidentale, les industries appartenant au Middle Stone Age

ont été identifiées avec moins de certitude que dans le reste de l’Afrique subsaharienne.

Quelques rares spécimens de type lupembien ont été découverts

au Ghana60 et dans le Nigeria61, mais aucun n’offre des indications stratigraphiques

satisfaisantes pour leur datation. Sur le plateau de Jos et au nord de

celui-ci, dans les collines du Lirus, on a découvert d’importantes séries d’un

matériel caractérisé par des « talons facettés » que l’on a classées comme du

Middle Stone Age62 ; à Nok, elles sont en stratigraphie entre les graviers de

base contenant des outils acheuléens et les dépôts plus récents renfermant

des éléments de la culture de Nok63. Sans rapport avec le complexe industriel

lupembien, elles se rapprocheraient plutôt des industries du Paléolithique

moyen de l’Afrique du Nord, de type général « moustéroïde », et reflètent

probablement un mode de vie plus adapté à la savane.

 

 

1.24.8 Le Late Stone Age en afrique occidentale

Dans presque toute l’Afrique, le Late Stone Age est caractérisé par l’essor de

très petits outils de pierre, appelés pour cette raison « microlithes ». Il s’agit

d’objets minuscules, minutieusement taillés pour être fichés dans des hampes

de flèches dont ils constituaient la pointe et les barbelures, ou bien assemblés

en tout autre outil composite. IIs démontrent que leurs auteurs possédaient

l’arc, et que la chasse à l’arc tenait un rôle important dans leur économie.

Ici, nous sommes gênés par le mot « Néolithique » et l’ambiguïté de

sa signification ; il est préférable, en Afrique, d’en éviter l’emploi chaque

fois qu’on le peut — en tout cas en Afrique subsaharienne72 — , mais il

faut tenir compte de la persistance de cet usage en Afrique du Nord et au

Sahara. Dans le Sahara, on rencontre un grand nombre d’industries que leur

outillage a fait baptiser « néolithiques » et qui, dans la partie centrale, datent

du sixième millénaire avant notre ère. Les conditions climatiques étaient

plus humides qu’aujourd’hui ; il en résultait une flore de type méditerranéen

et une population pastorale — que ces bergers aient ou non été aussi des

cultivateurs.

 

 

1.24.9 L’avènement du métal en afrique occidentale, préhistoire

Bien qu’il soit question depuis déjà longtemps — et pour des raisons

méthodologiques valables — d’abandonner, en Europe, le système des

« trois âges », Age de pierre, Age du bronze et Age du fer117, sa commodité

même n’a cessé d’en perpétuer l’emploi.

Dans son ensemble, l’Afrique occidentale fut à peine effleurée par l’Age

du bronze. Cependant, venant de l’Espagne et du Maroc, l’un de ses faciès

se manifeste en Mauritanie, où l’on a découvert près de 130 objets de cuivre

et où étaient exploitées les riches mines d’Akjoujt, qu’une datation au C 14

situe au Ve siècle avant notre ère ; en outre, des pointes de flèches plates en

cuivre ont été trouvées, çà et là, au Mali et au sud-est de l’Algérie.

 

 

1.24.10 Le début de l’âge du fer, préhistoire afrique occidentale

(environ – 400 à 700)

Tout au long du début de l’Age du fer, il semble que de nombreux secteurs

de l’Afrique occidentale soient demeurés coupés de l’extérieur et, dans la

plupart des cas, les contacts qui ont pu exister avec le monde antique connu

durent être indirects, sporadiques, négligeables121. On a fait beaucoup de

bruit autour du prétendu périple d’Hannon ; le récit en est probablement

fallacieux122. Le compte rendu d’Hérodote sur le « commerce muet » des

Carthaginois repose presque certainement sur des faits123. Assurément

il dut exister quelques motifs de contact avec le monde extérieur, car c’est

au début de cette période que la connaissance du fer apparaît en Afrique.

Il ne s’agit pas seulement d’une importation d’objets en fer, mais d’une

connaissance de la transformation du métal qu’il est difficile de considérer

comme une invention originale, dès lors qu’aucun rudiment de métallurgie

n’existait auparavant124 Dans le Nigeria central, à Taruga, on a étudié un

certain nombre de sites de fonderies de fer ; le C 14 indique des dates allant

du Ve au IIIe siècle avant notre ère125.

 

 

C H A P I T R E 2 5

Préhistoire de la vallée du Nil

F. Debono

 

 

1.25.1, préhistoire de la valée du nil

Soudan, Nubie, Egypte, trois régions bien différentes, unies entre elles

par un seul fleuve, constituent une unique vallée. Mais on a de la peine à

s’imaginer aujourd’hui que l’immensité désertique qui l’enserre des deux

côtés offrait autrefois, selon les fluctuations climatiques et écologiques des

points de stationnement, des lieux de passage ou des barrières infranchissables

avec le reste du continent africain.

 

 

1.25.2, Oldowayen1, préhistoire de la valée du nil

Cette culture est, partout, caractérisée par des galets aménagés (choppers).

Des découvertes récentes concernant l’origine de l’homme permettent d’affirmer

l’existence des premières traces laissées par celui-ci non seulement

dans les autres régions de l’Afrique, mais aussi dans la vallée du Nil.

Au Soudan, dès 1949, les témoignages très anciens de ces êtres déjà

humains, témoignages constitués de galets à peine ébauchés en outils

informes, ont été découverts à Nuri et Wawa. Mais ces trouvailles isolées et

superficielles ne pouvaient constituer une preuve définitive.

C’est seulement à partir de 1971, après des recherches systématiques

effectuées à Thèbes, en Haute-Egypte, que cette certitude fut acquise. En

effet, l’exploration de 25 dépôts alluvionnaires du Quaternaire ancien a fourni

une riche récolte de ces outils grossiers. La découverte, en 1974, de trois

gisements stratifiés contenant des galets aménagés (choppers) procure des

renseignements importants, qui balayent les derniers doutes. Les niveaux à

galets aménagés étaient sous-jacents à l’Acheuléen ancien (Old Stone Age),

caractérisé notamment par des trièdres, dans ses niveaux les plus anciens.

 

 

1.25.3 Old Stone Age, préhistoire de la valée du nil

Cette belle industrie lithique, caractérisée par des bifaces à extrémité rétrécie,

existe pratiquement partout en Afrique. De ce continent elle tirerait

même son origine à partir des galets aménagés de l’époque précédente

avant de cheminer vers d’autres parties du monde. Dans la vallée du Nil,

les témoignages de cette civilisation se manifestent sans interruption apparente

du Soudan à l’Egypte.

 

 

 

 

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